Attaque

À l’attaque par-ci, à l’attaque par-là… Ce n’est pas aussi simple. Pour partir à l’attaque il faut le désirer, et même davantage. En savoir la nécessité. Et là, ça se dilue. Ça n’a jamais le temps de parvenir à maturité. Il y a toujours un tas de problèmes annexes qui accaparent l’attention. On ne peut plus aimer, on ne peut plus vouloir, on ne peut plus penser sans être surveillé. Il faut toujours rendre des comptes, et ne pas faire de vagues. Alors imaginer qu’on pourrait rassembler l’énergie nécessaire à une attaque concertée… Il ne faut pas rêver.

Dénicher

Ce n’est pas forcément une très bonne idée. Je veux dire, il y a des combines foireuses. Des bonnes solutions qui se transforment vite en voies de garage odieuses. Pas vraiment des prisons, mais de solides cages. À tout le moins des fosses creusées dans la terre glaise, dont les parois glissantes empêchent qu’on y grimpe. Rien de très rassurant, donc. Même si a priori ça paraît sans danger.
Comme quoi, le dénicheur, valait mieux qu’il se planque. On n’était pas content de lui.

Pathologique

Pas trop logique. Car quand ça marche de travers on a vite fait de dire que ça marche à l’envers. Mais il n’est pas toujours blessant d’être traité de grand malade. Car tout dépend de qui a établi le diagnostic. Alors laissez-moi rire. Souvent la maladie est dans l’œil de celui qui veut la dénoncer.
Enfin laissez tomber. Ça ne peut pas durer. Il est aisé de voir où ça pourrait mener. Mais pardon d’insister. Qui sait si la logique n’est pas elle-même le symptôme d’une plus grave maladie ? Car enfin la santé ce n’est pas de juger que tous les autres sont malades… Ça, c’est juste un effet de la méchanceté. Une façon stupide de se protéger.
Et pourtant, et pourtant. Il y a vraiment des cas où le mot est utile. Où le désordre gagne en toute liberté, où il faut l’arrêter. Mais comment en juger avec sérénité ? Qui peut dire où commence la nécessité d’imposer à autrui notre subjectivité ?

Caoutchouter

C’est un mot élastique, élastique et opaque, qui ne me dit rien qui vaille, à part quelques bêtises qu’il vaut mieux oublier. Bien sûr on pourrait croire que ça va rebondir, mais pour ça il faudrait une impulsion première, or il n’y en a pas, le concept est statique, il absorbe les chocs et les idées s’y perdent. Quoi qu’il en soit c’est déplaisant, ça ne me parle pas, ou peut-être est-ce moi qui ne l’écoute pas.

Généalogique

Gêné par la logique et la chute des corps. Gêné par le désir de ne plus se savoir, d’oublier ses parents et ses antécédents, de ne faire de l’histoire que pour mieux l’effacer, la relativiser, lui faire perdre le fil qu’on est toujours tenté d’imaginer sacré. Parce que c’est facile, parce que ça ressemble à de la modestie. Cette façon de dire je ne suis qu’un maillon d’une chaîne infinie. Pour donner à penser que ce qu’on fait n’est pas de soi, que ce qu’on a n’est pas à soi, que ce qu’on veut n’est pas caprice mais nécessité… Enfin des fariboles de morale scolaire.

Et pourtant cette histoire elle est ancrée sévère, elle parle sans arrêt, il ne faut pas rêver lui faire lâcher prise. La généalogie est plutôt infantile, mais justement l’enfance est sans cesse présente, le carcan qu’elle impose, et les mille questions pour lesquelles jusqu’ici on n’a pas su trouver de réponses valables.

Et puis il y a aussi les tresses historiques qu’on devine parfois, auxquelles on est tenté de mélanger son fil. Pour lesquelles on est sûr d’avoir son mot à dire. Des histoires dans lesquelles on voudrait s’illustrer, un de ceux que la gloire ne saurait ignorer.
Enfin quoi vanité et folle prétention. Pas de quoi s’inquiéter : ça ne fait que passer. Comme tout le reste hélas.