Un profond repentir

La culpabilité ne veut pas me lâcher. Je sais qu’il n’y a pas moyen de l’effacer. Et du coup rien n’y fait, je suis anesthésié. Rien ne m’est interdit, mais je n’ai pas le temps pour ces bêtises-là. Il faut d’abord que je cultive un profond repentir. Car il n’est pas question d’échapper à la punition. Des bonnes intentions ne sauraient effacer ce qui est arrivé. C’était une folie, mais il n’est pas question qu’elle soit passagère : il faut qu’elle reste là, qu’on ne l’oublie jamais. Il y a des offenses que l’on peut pardonner, mais celle-ci était trop grande en vérité. Le mal qu’elle a causé continue à sévir. Et ce n’est pas très amusant, de n’avoir plus de dents. On s’en fait mettre des fausses, mais ce n’est pas pareil. Car on n’a plus jamais sa conscience pour soi. On ne peut même plus rire de ses erreurs. Car il y a des choses qui ne font pas rire, qui sont vraiment trop graves, et vraiment trop honteuses.

C’est vraiment embêtant, tout ce ressentiment. Il n’y a pas moyen de s’en débarrasser. Même en voulant tourner la page, cela reste accroché.

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