Toute proche du cœur

J’exprime le besoin, le trouble extrême de la plèbe
La folle envie de dire les choses simplement
Et de ne plus pouvoir ne serait-ce que lire sans arrière-pensées
Le calme avant le vent, les amours oubliées, les regrets effacés
L’extrême volupté de la réminiscence qui ne veut pas venir
Et qui pourtant paraît toute proche du cœur
Mais il faudrait les mots, les phrases, le courage
Pas seulement l’envie de vivre le passé, mais l’envie de le dire, de le faire exister
D’une façon nouvelle, celle qui n’a jamais pu trouver à s’exprimer
Pas forcément tel que je l’imaginais, le pensais, le croyais
Plutôt de la façon dont je le savais vrai, en toute honnêteté
Même si je préférais ne pas me l’avouer.

Et remonter ainsi jusqu’aux mirages primordiaux
Quand l’imagination régnait seule dans la maison
Avant cet âge de raison qui a tant fait de mal
Et qui pourtant prétend savoir où est le vrai, être seul à le dire

Je sais bien que je mens, que je cours après l’ombre
De celui que je n’ai jamais essayé d’être
Mais quoi j’ai bien le droit de m’inventer un personnage
Qui dira à ma place ce que j’aurais dû dire
Au lieu de le penser et d’avoir honte de le faire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *