De la condensation

Ce n’est pas une question de passion ou de drame. Il semblerait fautif de le justifier de cette façon-là. C’est une vocation, une préméditation. Quelque chose d’insensé, qui ne peut s’expliquer. Une étrange manie, qui palpite en douceur, et parfois par bonheur vous chavire le cœur. Des mots qui se caressent avant de s’effacer.

En attendant je pleure, simplement parce que je ne vois pas du tout ce que je pourrais faire d’autre. Ce n’est pas que ce soit spécialement triste, mais ça soulève le couvercle, et de l’eau s’en échappe. De la condensation. C’était facile à deviner.

Au-delà, au-delà, j’aperçois quelques tonnes de culpabilité. Rien de bien important, des figures de style. Des moyens de combler l’attrait du temps passé. Car il n’y avait pas autant de vérité que je le prétendais dans ce que je disais. Ça ne me parlait pas. Ça ne me racontait que des phrases glacées. Et tout ce qu’il m’en reste n’est que jus de colère. J’évite d’y penser, mais ça reste présent, quelle que soit la façon dont je le considère. C’est du bruit, de la viande, une envie d’écraser ce qui veut s’échapper. Et tout le ciel en ribambelle, pour ce que j’en ferais…

Et pourtant je l’aimais. Et pourtant quelquefois je m’en souviens encore. Même s’il me manque le parfum, cette ambiance précise… La joie que j’y trouvais, qui s’est évaporée.

C’est fou que ce besoin ne soit pas effacé. Car à la vérité il ne servait à rien. Juste à cacher la peur, à essayer de l’oublier. Pas la peur de manquer, mais la peur de se voir tout nu en son miroir ? C’est peut-être plus simple que je l’avais imaginé ?

De là à raconter qu’on pourrait s’en passer, il ne faut pas exagérer. Ni même l’espérer.

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