Le courant d’air

Je ne me souviens pas, je fais juste semblant. Le monde disparaît, s’enfonce dans le rien. Les choses et les gens, les doux attachements, les meilleurs souvenirs… C’était là, c’était grand, je pouvais le sentir, et puis ça n’y est plus. Et que s’est-il passé ? Le temps de se tourner, d’oublier d’y songer, de répondre à ceci, de regarder cela, et puis ce qu’on aimait a profité de l’occasion pour se sauver sans bruit, pour jouer l’ambiguïté, le courant d’air, l’illusion passagère… Ce n’est pas amusant. C’est même assez vexant. Ça donne l’impression d’être un lourdaud incapable de saisir les infinies subtilités de la vie quotidienne. Pas vraiment une brute, pas de ceux que l’on fuit, plutôt de ceux qui voudraient bien mais n’y arrivent pas, qui restent plantés là et ne comprennent pas. D’ailleurs tout semble dire que ce n’est pas qu’une impression. C’est la réalité.

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