Peur de bien faire

Des drames cutanés, énervements à fleur de peau, idioties domestiques… On en rirait si on pouvait, si on savait en rire. On n’a pas tellement intérêt à le dire. Et ça ne change rien au processus en cours. Hélas, en vérité. Car on rêve d’un drame assez puissant pour démembrer ce dragon endormi sur son ressentiment et sa peur de bien faire. Car enfin le courage ce n’est pas d’oublier ce que l’on a à faire sitôt qu’on imagine une difficulté.

Toujours bonne figure

Je ne me souviens plus, mais j’en garde quand même une sorte de peine qui n’est jamais partie. Car tout ça reposait sur la mélancolie. Sur l’impression d’avoir encore son mot à dire, mais aussi sur la certitude que ce mot-là ne serait jamais entendu. Car ce n’était pas l’heure. Car il était trop tôt, car il était trop tard. Car il me faudrait faire toujours bonne figure. Jamais me contenter de montrer ce que j’aime. Ce n’était pas mon rôle, ne le serait jamais. Car je n’étais pas là pour montrer le chemin. À peine corriger celui qu’on m’imposait.

Beaucoup plus simple

C’était avant que je m’oublie. Forcément j’ai du mal à me souvenir de ce que je voulais dire, puisque je ne sais plus qui j’étais. C’était à un moment où j’avais décidé que ma vie désormais serait beaucoup plus simple. Que je ne chercherais plus à transformer le monde. Et pourtant j’ai mémoire d’avoir voulu le faire, justement en disant que c’était déjà fait.

Un peu plus présentable

Je n’ai pas de mérite, seulement des otites.
Je n’ai pas de désir, seulement des sourires.
Je n’ai pas le loisir d’explorer au-delà des limites permises.
Et pourtant le courage ne m’a jamais manqué.
Ni la folie de faire absolument n’importe quoi.
Tant qu’à ce niveau-là ça devient légendaire.
On en parle, on en rit, on en rougit de joie.
Cela ne me plaît pas, mais que pourrais-je y faire ?
Je suis bien obligé de faire comme si tout ça ne me dérangeait pas.

Et pendant ce temps-là le fil de mon histoire est encore à revoir…
Pas moyen d’en trouver une interprétation stable.
Ça bouge sans arrêt, chaque jour ça raconte le contraire de la veille.
Ça brode des miroirs, ça ouvre des tiroirs là où il n’y en a pas.
Ça oublie de réel pour pouvoir l’inventer, le rendre soi-disant un peu plus présentable.

Dans ma morosité

Je ne sais plus écrire, je ne sais plus parler. J’essaie de m’expliquer, mais je me prends les pieds dans le tapis de mes prières, prières d’insérer. Ça pourrait être drôle si je savais en rire, mais je reste coincé dans ma morosité.